NOUS NE VIVONS PAS QU'EN NATURE NOUS SOMMES LA NATURE

Article

Amélioration des performances de production à travers le contrôle des protozoaires par une solution à base de plantes

Par : Ray Jones & Sandra Olivera


Les performances de production en aviculture ne cessent de s’améliorer grâce à différents facteurs liés à la nutrition, à la génétique et à l’état de santé des animaux.

Réussir à réduire l’incidence de certaines pathologies qui affectent les élevages est devenu une problématique majeure. Parmi ces pathologies, la coccidiose est la cause principale de baisse de productivité dans la plupart des pays, non seulement en raison des pertes liées à l’apparition clinique de la maladie, mais aussi et surtout à cause d’une moindre croissance, d’une déficience de la pigmentation, d’une détérioration de la conversion alimentaire causées par l’apparition subclinique de cette pathologie

Sept espèces de coccidies sont reconnues pour affecter la production aviaire, et chaque espèce est présente à une localisation particulière dans le tube digestif (Allen et Fetterer 2002).

 

Coccidiose

Le parasite se multiplie dans le tube digestif, causant des dommages tissulaires avec pour conséquence l’interruption de l’absorption correcte des nutriments, la déshydratation, des hémorragies, une perte de pigmentation et l’augmentation de la susceptibilité envers les autres agents pathogènes. (McDougald et Fitz-Coy, 2008).

 

 

Contrôle de la coccidiose

Malgré la recherche considérable réalisée sur la coccidiose chez les volailles, l’infection par les coccidies reste un problème important en élevage avicole. Les progrès en vaccinations et autres pratiques ont aidé à contrôler ces infections, mais traditionnellement, le moyen de contrôle le plus couramment employé est l’utilisation de médicaments anticoccidiens.

Avec l’interdiction d’antimicrobiens dans certains pays, une moindre efficacité de certains médicaments due aux résistances développées et à la croissante désapprobation du consommateur face au recours aux antibiotiques et produits de synthèse, les producteurs se sont mis en quête de traitements alternatifs.

 

Solutions naturelles contribuant à la gestion de la flore intestinale

Parce que la coccidiose subclinique fait appel à un ensemble de paramètres bien plus larges (équilibre de la flore intestinale en général, immunité,… ) que le simple développement de la coccidie, les actifs naturels que l’on trouve dans les plantes peuvent être une alternative à l’utilisation de produits de synthèse. Ils ont pu montrer des résultats encourageants lors de challenge coccidien, sans pour autant avoir une action anticoccidienne aussi ciblée que celle des anticoccidiens de synthèse. Des produits composés de plantes telles qu’Acacia concinna et Saccharum officinarum ont été largement et historiquement étudiés et utilisés.

Comme ce type de produits ne contient que des plantes naturelles – sèches et broyées, leur utilisation est possible en élevage conventionnel ainsi qu’en élevage biologique. Ces alternatives naturelles peuvent être utilisées sur toute la période d’élevage et est compatible avec l’usage d’autres anticoccidiens de synthèse, dans les programmes de rotation pour éviter les résistances aux produits de synthèse, et avec des vaccins, dans des programmes préventifs basé sur la vaccination. Dans les recherches et études terrain réalisées avec un produit contenant ces plantes, des bénéfices en termes d’amélioration des paramètres productifs chez les volailles ont pu être observés. Cela s’explique par l’action sur du produit sur le contrôle de la charge parasitaire protozoaire et sur la stimulation de l’immunité en termes de production d’anticorps.

Comme le mécanisme d’action des produits d’origine végétale est le fait de celui d’un grand nombre de   divers composés naturels qui agissent de manière complexe et interagissent de manière synergique, le risque de développement de résistances de la part des parasites mentionnés est très faible.

 

Comment fonctionne cette alternative naturelle ?

Les plantes contiennent de nombreux composés – appelés métabolites secondaires – qu’elles peuvent elles-mêmes utiliser à leurs propres fins – métabolisme, défense, etc. -. Quand ils sont ingérés par des animaux comme les volailles, ces composés peuvent avoir des effets sur le métabolisme de l’animal.

La plupart des produits de synthèse utilisés actuellement ont été créés à partir de l’observation de composés présents dans les plantes, qui ont été isolés puis synthétisés pour reproduire les effets des produits naturels.

À la différence d’un médicament de synthèse ayant un mécanisme d’action unique et ciblé, les métabolites actifs dans les plantes peuvent être nombreux et agir ensemble de manière synergique, ce qui permet un mode d’action plus large et complexe.

 

Par exemple, le contenu en saponines et tanins de ce mélange permet l’altération de la membrane des oocystes et la diminution de la pénétration des coccidies dans l’organisme des animaux.


La capacité des saponines à s’unir au cholestérol de la membrane des cellules protozoaires permet ainsi de modifier leur intégrité. Les saponines naturelles peuvent perturber le développement des protozoaires en interagissant avec les membranes du parasite (Wang et al., 1998).

Suite à l’invasion du parasite, la synthèse excessive de radicaux libres peut être un facteur compromettant le système de défense antioxydante cellulaire.

Les composés qui peuvent stimuler le système de défense antioxydante ou qui interfèrent directement avec les radicaux libres, comme les tanins, contribuent à restaurer l’équilibre oxydants/antioxydants, ce qui améliore l’intégrité intestinale et la conversion alimentaire durant la coccidiose subclinique (Cejas et al., 2011).

Si la richesse en saponines et tanins de ce mélange de plantes explique le mécanisme d’action principal pour le contrôle des coccidies, il faut noter aussi que Saccharum officinarum apporte un bénéfice supplémentaire grâce à son effet immunostimulant.

D’après les études, Saccharum officinarum peut améliorer l’immunité de l’animal contre la coccidiose (Awais et al., 2011). L’extrait de canne à sucre contient un polysaccharide qui active un complément du système immunitaire impliqué dans la stimulation de la réponse immune aux coccidies (El-Abasy et al., 2003).

Saccharum officinarum est riche en composés phénoliques qui ont démontré avoir des activités antioxydante et anti-inflammatoire, ainsi que des effets inhibants sur la sporulation d’oocystes (Abbas et al., 2015).

 

Essais zootechniques

Des essais ont démontré que le mélange de ces plantes peut être un moyen efficace pour contribuer au contrôle des coccidioses.

Cette année, un essai a été réalisé dans un service d’examen de parasitologie animale, Servicapa (Mexico).  300 poussins âgés de 1 jour, ont été répartis en 5 groupes. Chaque groupe comptait 6 répétitions de 10 poussins.

L’objectif consistait à évaluer l’efficacité anticoccidienne du mélange naturel décrit ci-dessus, avec deux doses différentes (500g/t et 750g/t) par rapport à celle de l’un des ionophores couramment utilisé en élevage avicole (Salinomycine 12%). Une inoculation d’oocystes sporulés de différentes souches de coccidies a eu lieu le 21ème jour.

Doses

 La dose d’inoculation par poulet a été de:

  • acervulina 100,000 oocystes
  • maxima 50,000 oocystes
  • tenella 50,000 oocystes

L’efficacité anticoccidienne a été déterminée en se basant sur l’Indice de Lésion (IL) et l’Indice d’Oocystes (IO).  L’analyse des fèces les 7ème et 14ème jours post-infection a été réalisée avec la méthode Johnson & Reid. Les 2 groupes avec le mélange de plantes (T3 et T4) ont présenté un IL plus faible dans les trois régions intestinales comparé aux lésions du groupe traité à la Salinomycine (T5).

 

Les résultats de l’efficacité anticoccidienne, IAC (Indice Anticoccidien), du mélange de plantes, dans les deux doses évaluées, révèle des résultats très intéressants. Ce paramètre se relie à travers l’équation :

IAC = (%S + %GPR) – (IL + IO)

L’IAC, qui tient compte de la survie (%S), du gain de poids relatif (%GPR) et des indices de lésions (IL) et d’oocystes (IO) (Ma et al., 2011), est considéré comme “faible” quand le résultat est inférieur à 160 ; “modéré” quand il est entre 160 et 180 ; et “bon” quand le calcul est supérieur à 180 (Morisawa et al. 1977).

Les deux groupes avec mélange de plantes ont des valeurs supérieures à 180, ce qui permet de conclure que son activité dans le contrôle de la coccidiose est bonne et comparable à celle de produits d’origine synthétique couramment utilisés.

Des produits naturels contenant des plantes telles que Acacia concinna et Saccharum officinarum sont sûrs et peuvent contribuer au contrôle de la coccidiose, promouvoir l’intégrité et l’équilibre intestinal, et améliorer les fonction immunitaires.